Votre chat vient d’être diagnostiqué diabétique, insuffisant rénal ou porteur du FIV, et vous découvrez le coût réel d’un traitement à vie. Réflexe naturel : chercher une assurance. Mais une question se pose aussitôt : peut-on encore assurer un chat déjà malade, et surtout, à quoi servirait un contrat qui ne rembourserait pas la maladie en cours ?
La réponse est plus nuancée qu’un simple « non ». Dans ce guide, nous expliquons ce qu’un assureur considère comme une maladie préexistante, ce qui reste couvert malgré tout, comment remplir honnêtement le questionnaire de santé, et pourquoi changer d’assurance quand son chat est malade est rarement une bonne idée.
Ce que dit la règle : la maladie préexistante est exclue
Dans la quasi-totalité des contrats, une maladie préexistante (ou « antérieure à la souscription ») n’est pas prise en charge. Il s’agit de toute affection dont les premiers symptômes, le diagnostic ou le traitement sont apparus :
- avant la date de souscription du contrat ;
- ou pendant le délai de carence, cette période de quelques semaines après la signature durant laquelle les maladies ne sont pas encore couvertes.
La logique est celle de toute assurance : on assure un risque futur et incertain, pas un événement déjà survenu. Une maladie chronique déjà diagnostiquée n’est plus un aléa, c’est une dépense certaine. C’est l’exclusion numéro un détaillée dans notre guide sur les exclusions de l’assurance chat.
Point clé : ce qui compte n’est pas la date du diagnostic officiel, mais la date des premiers signes. Un chat qui boit et urine beaucoup depuis deux mois, puis qui est diagnostiqué diabétique trois semaines après la souscription, aura très probablement une maladie considérée comme préexistante.
Alors, peut-on assurer un chat déjà malade ?
Oui, dans la plupart des cas. Un diagnostic ne rend pas votre chat « inassurable ». Trois situations se présentent en pratique :
| Situation | Ce que fait généralement l’assureur |
|---|---|
| Maladie aiguë ancienne, guérie sans séquelle (cystite ponctuelle, coryza bénin, gastro-entérite) | Le chat est accepté, souvent sans exclusion particulière |
| Maladie chronique stabilisée (diabète, hyperthyroïdie, arthrose, FIV asymptomatique) | Le chat est accepté, mais la maladie et ses complications sont exclues |
| Pathologie lourde en cours (cancer sous traitement, PIF, insuffisance rénale avancée) | Refus possible, ou acceptation avec exclusions larges selon l’assureur |
Il faut aussi tenir compte de l’âge limite de souscription : de nombreux contrats ne prennent plus de nouveaux adhérents au-delà de 8 à 10 ans. Un chat âgé et malade cumule donc deux freins ; notre page sur l’assurance du chat senior détaille ce cas.
Ce qui reste couvert malgré une maladie existante
C’est l’argument que beaucoup de propriétaires négligent : un chat malade reste exposé à tous les autres risques. Un contrat souscrit après un diagnostic continuera de rembourser :
- Les accidents : chute de balcon, fracture, morsure, ingestion de corps étranger, traumatisme ;
- Les nouvelles maladies sans lien avec la pathologie exclue : un chat diabétique peut développer un problème dentaire, une infection urinaire ou une tumeur sans rapport avec son diabète ;
- Les urgences vétérinaires et les opérations chirurgicales non liées à la maladie connue, qui représentent les factures les plus lourdes (souvent 800 € à 3 000 €) ;
- Le forfait prévention si la formule en prévoit un (vaccins, vermifuges, détartrage selon les contrats).
La vraie difficulté est la frontière entre « lié » et « non lié ». Un chat insuffisant rénal hospitalisé pour une déshydratation : est-ce une complication de sa maladie ou un nouvel épisode ? C’est l’assureur qui tranche, sur la base du compte rendu vétérinaire. D’où l’importance de la rédaction de l’exclusion.
Exclusion large ou exclusion ciblée : la nuance qui change tout
Toutes les exclusions ne se valent pas. Comparez ces deux formulations, que l’on rencontre réellement dans les contrats :
- Exclusion ciblée : « Sont exclus le diabète sucré et ses traitements. » Seuls l’insuline, les glycémies et les consultations de suivi du diabète restent à votre charge.
- Exclusion large : « Sont exclues toutes les affections du système endocrinien et leurs conséquences. » Une hyperthyroïdie future, sans rapport avec le diabète, pourrait aussi être refusée.
Avant de signer, demandez par écrit la formulation exacte de l’exclusion qui s’appliquera à votre chat. Une exclusion ciblée laisse un contrat réellement utile ; une exclusion trop large peut le vider de son intérêt.
Le questionnaire de santé : que déclarer, et comment ?
Selon les assureurs, l’état de santé du chat est évalué de différentes façons : un questionnaire de santé à remplir en ligne, une déclaration sur l’honneur de bonne santé, ou plus rarement un certificat vétérinaire récent. Dans tous les cas, la règle est simple : répondre exactement aux questions posées.
Concrètement, il faut mentionner :
- les maladies chroniques diagnostiquées, même stabilisées ;
- les traitements en cours (y compris les compléments prescrits par le vétérinaire) ;
- les opérations passées et les hospitalisations ;
- les symptômes en cours d’exploration, même sans diagnostic posé.
Pourquoi mentir est une très mauvaise idée
La tentation existe : « l’assureur n’en saura rien ». En réalité, c’est faux. Lors de chaque demande de remboursement, l’assureur peut demander le carnet de santé ou l’historique des consultations auprès de votre vétérinaire. Une maladie antérieure apparaît alors noir sur blanc.
Le Code des assurances prévoit des sanctions lourdes :
- Fausse déclaration intentionnelle (article L113-8) : le contrat peut être déclaré nul, et l’assureur conserve les cotisations déjà versées. Vous perdez à la fois la couverture et l’argent payé.
- Omission non intentionnelle (article L113-9) : si elle est découverte avant un sinistre, l’assureur peut augmenter la cotisation ou résilier ; après un sinistre, l’indemnité peut être réduite proportionnellement à la cotisation qui aurait dû être payée.
Être transparent vous garantit au contraire que tout ce qui n’est pas explicitement exclu sera bien remboursé, sans contestation.
Changer d’assurance quand son chat est malade : le piège à éviter
Depuis la loi Hamon, il est possible de résilier son assurance chat à tout moment après la première année. C’est une liberté utile, mais elle cache un piège majeur pour les propriétaires de chats malades.
La maladie diagnostiquée sous votre contrat actuel est couverte par celui-ci. Si vous changez d’assureur, le nouveau la considérera comme préexistante et l’exclura. Vous perdez alors la prise en charge d’un traitement souvent coûteux et à vie.
Prenons un exemple chiffré pour un chat insuffisant rénal :
| Rester chez l’assureur actuel | Changer pour une offre moins chère | |
|---|---|---|
| Cotisation annuelle | 360 € | 270 € |
| Suivi rénal (bilans, alimentation thérapeutique hors remboursement, traitements) | ~900 €/an, remboursés à 70 % : reste ~270 € | 900 €/an exclus : reste 900 € |
| Coût total annuel pour vous | ≈ 630 € | ≈ 1 170 € |
Exemple indicatif, hors franchise et dans la limite du plafond annuel.
L’économie de 90 € sur la cotisation se traduit par plus de 500 € de dépenses supplémentaires chaque année. Tant que votre chat suit un traitement lourd, conserver son contrat est presque toujours la meilleure option.
Et si mon assureur actuel augmente fortement la cotisation ?
C’est le seul cas où la question mérite d’être posée sérieusement. Faites le calcul complet : coût annuel du traitement exclu chez le nouvel assureur contre hausse de cotisation chez l’actuel. Vérifiez aussi que votre contrat ne prévoit pas de plafond par maladie déjà atteint, auquel cas la maladie n’est de toute façon plus remboursée et le changement redevient envisageable.
Les maladies chroniques les plus concernées
Certaines maladies chroniques du chat sont typiquement diagnostiquées à l’âge adulte et entraînent un traitement à vie. Ce sont elles qui posent le plus souvent la question de l’assurance après coup :
- Le diabète du chat, avec injections d’insuline quotidiennes et suivi glycémique ;
- L’insuffisance rénale chronique, première cause de décès chez le chat âgé ;
- L’hyperthyroïdie, traitée par médicaments, chirurgie ou iode radioactif ;
- Le FIV et la leucose (FeLV), souvent découverts lors d’un test de routine ;
- L’arthrose et l’asthme félin, qui nécessitent des traitements au long cours.
Pour toutes ces maladies, le message est le même : le meilleur moment pour assurer son chat était avant le diagnostic. Le second meilleur moment, c’est maintenant, pour le protéger de tout le reste.
Nos conseils pour bien assurer un chat déjà malade
- Comparez plusieurs offres : les politiques d’acceptation et la rédaction des exclusions varient beaucoup d’un assureur à l’autre.
- Demandez la formulation écrite de l’exclusion avant de signer, et privilégiez une exclusion limitée à la maladie précise.
- Déclarez tout, honnêtement : c’est votre meilleure garantie d’être remboursé sur le reste.
- Misez sur la garantie accident et chirurgie : c’est là que se situent les factures imprévues les plus élevées. Une formule intermédiaire avec un bon plafond est souvent un bon compromis.
- Assurez vos autres chats dès maintenant : si vous avez plusieurs animaux, ne reproduisez pas l’erreur. Un chaton assuré tôt n’a, par définition, aucune maladie préexistante.
- Ne résiliez pas un contrat qui couvre déjà une maladie chronique sans avoir fait le calcul complet.
En résumé
On peut assurer un chat déjà malade, mais la maladie existante et ses complications seront exclues. Le contrat garde pourtant tout son intérêt pour les accidents, les urgences, les chirurgies et les nouvelles maladies, qui représentent les frais vétérinaires les plus lourds et les plus imprévisibles. La clé : déclarer honnêtement, obtenir une exclusion la plus ciblée possible, et ne jamais quitter un contrat qui rembourse déjà une maladie chronique sans avoir chiffré la perte.